Un livre pamphlet: peut-on encore parler aux policiers ?

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L'un a été condamné pour outrage au président de la République. L'autre passe en jugement vendredi pour outrage à agent. Jean-Jacques Reboux et Romain Dunand viennent de publier une Lettre au garde des sceaux pour la dépénalisation du délit d'outrage. Une question de fond surgit: celle du recours de plus en plus fréquent à la justice par les policiers (pour outrage, rébellion, ou violence). Lire aussi l'interview de la juge Hélène Franco: «L’outrage crée un point de cristallisation très important.»

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Le livre est court, incisif. C’est un pamphlet, qu’une seule question traverse : peut-on (encore) parler aux policiers de leur travail «sans risquer l’outrage»? Où commence la rébellion, où s’arrête la liberté du citoyen de protester? Sans cesse, les deux auteurs y reviennent : quels rapports le citoyen peut-il désormais entretenir avec des agents de police, c’est-à-dire, in fine, des agents d’un service public ? Le premier des auteurs est Jean-Jacques Reboux. Un éditeur de profession. En 2006, il se fait verbaliser en plein Paris pour obstruction à la circulation. Ce vendredi 27 juin, il passera en jugement pour outrage. Car à Jean-Jacques Reboux, il est arrivé ce qu’on pourrait appeler les 3C, sorte de mésaventure moderne de plus en plus courante. C comme contester, puis C comme cerflex (ces menottes en plastique qu’utilisent les policiers) et enfin C comme commissariat.