Handicapés : le jeu de bonneteau de l'Etat

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Sarkozy a tenu sa promesse : revaloriser l’allocation adulte handicapé. Mais aujourd’hui, les caisses sont vides. Alors, discrètement, de réformes en décrets, les conditions d’accès se sont durcies. Sur fond de chasse à la « fraude sociale », les contrôles se multiplient avec un mot d’ordre : « l’employabilité ».

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Handicapé depuis sa naissance, Pascal a vu son taux d’incapacité baisser miraculeusement à son 20e anniversaire, en mars. Reconnu invalide à +80 %, le jeune Clermontois a basculé brusquement dans la fourchette inférieure : 50-79 %. Pour les personnes en situation de handicap, 20 ans, c’est justement l’âge minimum pour prétendre à l’allocation adulte handicapé (AAH). Alors que jusque-là sa mère bénéficiait de l’allocation d’éducation enfant handicapé, Pascal adulte n’a plus droit à rien. Sauf à un statut, celui de «travailleur handicapé». Car pour bénéficier de l’AAH, il faut que soit reconnue à l’individu une «restriction substantielle et durable d’accès à l’emploi». Comprendre : être jugé incapable de travailler pendant au moins un an. Pascal fait partie de ces individus que l’administration entend mettre au travail dans les plus brefs délais.