D'un “mur des cons” à l'autre

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L'existence d'un “mur des cons” dans le local du Syndicat de la magistrature est montée en épingle par l'UMP et la droite judiciaire. Une tempête dans un verre d'eau. Même si Christiane Taubira s'est sentie obligée de saisir le CSM.

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Plus élitiste que le Whos’ Who, plus rare que la Légion d’honneur, l’inscription au désormais célèbre « mur des cons » du Syndicat de la magistrature (SM) est devenue un must. Mieux, c’est une carte d’accès VIP aux grands médias, qui permet à certains de prendre un air outragé devant les caméras, tout en jubilant sous cape. D'autres regrettant peut-être même, en leur for intérieur, de ne pas y figurer.

Reprenons les faits. Mercredi, le site Atlantico (marqué à droite) met en ligne un petit film amateur tourné clandestinement dans les locaux du SM, syndicat de magistrats créé en 1968, marqué à gauche et qui pèse environ 30 % des voix aux élections professionnelles.

Le film, qui dure 1’30 min, a visiblement été pris avec un téléphone par un visiteur. Atlantico prétend qu’il a été pris par un magistrat apolitique et non syndiqué. Mais voilà, le SM ne reçoit que ses adhérents, d’autres syndicalistes, et quelques journalistes dans ses bureaux, situés dans un immeuble sans âme du XIIIe arrondissement. « C’est très vraisemblablement un membre d’une équipe télé, plusieurs sont venues ici au plus fort des attaques de l’UMP contre le juge Gentil après la mise en examen de Nicolas Sarkozy, qui a pris ces images », pense-t-on au SM.

Quoi qu’il en soit, le document montre un mur sur lequel sont collées des photos, avec la mention « mur des cons » et quelques inscriptions. Le personnel politique UMP y est particulièrement bien représenté, avec Nicolas Sarkozy, Brice Hortefeux, Nadine Morano, MAM, l’ancien ministre des sports Bernard Laporte, et quelques autres.

Un authentique morceau du mur Un authentique morceau du mur
Plusieurs hauts magistrats marqués à droite, dont Philippe Courroye, y figurent aussi en bonne place. On trouve encore quelques responsables policiers, un syndicaliste policier devenu élu UMP, le criminologue Alain Bauer, le sénateur Michel Charasse, les essayistes Alain Minc et Jacques Attali, et quelques journalistes en vue, aussi.

« Avant d’ajouter un con, vérifiez qu’il n’y est pas déjà »,est-il précisé sur ce mur…

« Ce mur, c’est une blague de potache, un défouloir, qui remonte aux années où Nicolas Sarkozy et ses amis tapaient tous les jours sur les magistrats », explique-t-on au SM, où l’on fait référence au « mur du çon » du Canard enchaîné. Surtout, « il s’agit d’un lieu privé, et ces images volées n’avaient pas à sortir de notre local », répète-t-on.

Pour attester le côté potache de ce « mur des cons », les magistrats du SM précisent que le précédent président du syndicat y avait été épinglé lui aussi. Quant aux deux pères de victimes d’assassinats qui y figurent, ils n’ont été accrochés que parce que l’un participait à la commission Léger (mise en place par Sarkozy en 2009 pour supprimer le juge d’instruction), l’autre étant membre actif du droitier Institut pour la justice (IPJ), explique-t-on.

Les collègues et concurrents de l’Union syndicale des magistrats (USM, modérée et majoritaire), eux, ne sont pas sur le « mur des cons » mais sur le panneau d’à côté, qui est consacré à l’expression syndicale, explique-t-on encore au SM.

L’USM, dont le président est resté mesuré dans ses réactions, est en tout cas remontée et attend de pied ferme les élections professionnelles de juin prochain. Surtout, l'USM s'inquiète d'un éventuel retour de bâton, au moment où les magistrats demandent plus d'indépendance et une vraie réforme du parquet.

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