Dans le Centre, «on voit resurgir des pathologies disparues depuis 15 ans»

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La ministre de la santé vient de faire passer sa loi de santé, et le tiers payant généralisé. Mais Marisol Touraine n’a pas résolu le problème des déserts médicaux, qui continuent de se vider, déstabilisant toute l’offre de santé, de la médecine générale à l’hôpital. Reportage dans la région Centre, l’attache politique de la ministre, et en particulier dans l’Indre, où l’impuissance publique creuse la fracture sanitaire.

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Châteauroux, envoyée spéciale. - L’essentiel de l’action politique de la ministre de la santé est désormais derrière elle. Une séquence politique tumultueuse s’achève avec l’adoption, jeudi 17 décembre, de la loi de santé, sans concessions majeures au féroce lobbying de la médecine libérale. « Ce texte garantit l’accès de tous à des soins de qualité, a déclaré Marisol Touraine à l’issue du vote. C’est un texte contre l’immobilisme et la résignation. Un texte qui vise à offrir à chacun les mêmes droits, les mêmes chances, pour vivre le plus longtemps possible en bonne santé. » Cette loi comprend un volet sur la prévention, un autre sur la réorganisation des soins de proximité autour du médecin généraliste, ainsi qu’un renforcement des droits des patients. Son objectif est de réduire les inégalités sociales de santé, béantes, en France : il y a sept ans de différence d’espérance de vie entre un homme cadre et un homme ouvrier en France, c’est l’écart le plus important parmi tous les pays développés, une hérésie au pays de l’assurance maladie la plus solidaire. Cette loi s’articule avec le « pacte territoire santé », initié en 2012, et dont Marisol Touraine a annoncé le deuxième volet fin novembre. Il comprend des mesures incitatives à l’installation des jeunes médecins dans les zones désertées.