Peut-on montrer de façon brute, sans distance ou analyse, les messages et discours des islamistes radicaux ? « Salafistes », documentaire initialement programmé dans les salles demain le fait et la sortie de ce film coup-de-poing pose question. Selon François Margolin, co-réalisateur avec Lemine Ould M. Salem, journaliste mauritanien, spécialiste reconnu du djihadisme, on « guide le spectateur dans la pensée salafiste ». Il y a quelques jours, les projections lors du festival de production audiovisuelle à Biarritz ont été perturbées. « Ce documentaire n’est pas adapté à un public de moins de 18 ans », nous a expliqué hier soir le cabinet de la ministre de la culture, Fleur Pellerin, à qui revient la décision finale d’autoriser ou pas la diffusion. François Margolin a déjà retiré une scène : celle de la mise à mort du policier Ahmed Merabet par les frères Kouachi. Du coup, il doit soumettre, selon le ministère, « une nouvelle version à la commission de classification des œuvres du Centre national du cinéma (CNC) » avant demain.