Au Mémorial de la Shoah, «crise de croissance» et salariés en souffrance

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De la fin 2016 à début 2019, une vingtaine de salariés de ce haut lieu de mémoire ont claqué la porte. Certains ont dénoncé des « mauvais traitements exercés au quotidien » et une « logique comptable ». Son directeur dit comprendre que des employés « se soient sentis mal compris, mal entendus ». Il assure que cette époque, liée à l’élargissement des activités après les attentats de 2015, est révolue.

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Les phrases claquent, et peuvent heurter les esprits non avertis. « Quand on fait des leçons sur la résistance toute la journée et qu’on n’est pas capable de bien traiter ses salariés… », lance l’un. « Dans mon travail, je voyais tous les jours des images de juifs humiliés, et je me disais qu’en fait, des gens humiliés dans la vie professionnelle, ça ne dérangeait personne ici », glisse l’autre. « Fin juin 2018, le corps de Simone Veil a été exposé dans la crypte avant d’être transféré au Panthéon, et en même temps au premier étage, on broyait mes collègues », assure une dernière.