France: Le patronat suspend sa participation à la négociation sur le chômage

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Les organisations patronales Medef, CPME et U2P ont annoncé lundi suspendre leur participation à la négociation sur l'assurance-chômage dans l'attente d'une clarification du gouvernement sur le bonus-malus sur les contrats courts.
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PARIS (Reuters) - Les organisations patronales Medef, CPME et U2P ont annoncé lundi suspendre leur participation à la négociation sur l'assurance-chômage dans l'attente d'une clarification du gouvernement sur le bonus-malus sur les contrats courts.

Des syndicats ont critiqué cette décision, la CFDT estimant que s'il ne change pas d'avis, "le patronat portera la responsabilité de l’échec de cette négociation", et FO soulignant le risque de voir le gouvernement "reprendre la main sur la convention d’assurance-chômage".

A l'origine de la colère du patronat, les déclarations d'Emmanuel Macron qui s'est dit jeudi déterminé à mettre en place un tel bonus-malus, passant notamment par des pénalités pour "ceux qui multiplient les intérimaires".

"Le président de la République vient d'intervenir publiquement, semblant indiquer que le bonus-malus se mettra en place, et ce quel que soit le résultat de la négociation", a déclaré le Medef dans un communiqué.

"Dans ces conditions, le Medef constate qu'il n'est pas en situation de poursuivre la négociation sans une clarification préalable du gouvernement sur la suite qui serait donnée à un accord entre partenaires sociaux", ajoute-t-il.

La Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) a quant à elle expliqué qu'elle "se refuse à cautionner une nouvelle forme de taxation des entreprises qui créent des emplois".

"Les dernières déclarations du chef de l’Etat laissent à penser que le bonus-malus n’est pas négociable", a souligné pour sa part l'U2P (artisans). "Dans ce contexte, l’U2P considère que la réunion paritaire du 31 janvier ne peut pas se tenir et demande au gouvernement de clarifier sa position."

Bruno Le Maire a souligné en marge de ses voeux aux acteurs économiques lundi que "le président de la République, le Premier ministre, ont indiqué à plusieurs reprises que nous laissions la main aux partenaires sociaux et que si les partenaires sociaux n'arrivaient pas à se mettre d'accord, c'est l'Etat qui devrait reprendre la main et qui prendrait ses responsabilités".

"Ce qui compte à mes yeux, comme ministre de l'Economie, c'est que cette réforme de l'assurance-chômage ait lieu en 2019", a-t-il ajouté. "C'est un élément-clé de la bataille contre le chômage que nous menons en France."

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