La Seine-Saint-Denis, « miroir grossissant » des défis de la gauche

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La Seine-Saint-Denis avait plébiscité François Hollande en 2012. Depuis, le PS, qui est menacé de perdre le département ce dimanche 29 mars, a vu partir une grande partie de ses électeurs. Il devra les reconquérir en 2017, alors que la droite et le FN gagnent du terrain dans un département profondément travaillé par la précarité.

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Tout faire pour éviter la bascule à droite. Lundi dernier, au lendemain du premier tour, Manuel Valls s’est rendu à Noisy-le-Grand. Et jeudi 26 mars, le président PS de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone, la secrétaire nationale d’Europe Écologie-Les Verts, Emmanuelle Cosse, et le secrétaire national du Parti communiste, Pierre Laurent, ont fait estrade commune à Bondy. Pour l’occasion, le PS et le PCF, frères ennemis de l’ex-banlieue rouge, ont enterré la hache de guerre. Leur préoccupation immédiate est d’empêcher la droite de présider l’assemblée départementale. Dans ce département très populaire, qui a toujours été à gauche (communiste pendant des décennies, puis socialiste depuis 2008), ce serait un coup de tonnerre, local et national.

Au premier tour, la droite, qui a déjà raflé plusieurs grandes villes aux municipales, se targue d’une « percée historique ». La gauche (PS et ses alliés radicaux de gauche et écologistes, les binômes Front de gauche ou PCF) obtient certes un peu moins de 50 % des suffrages exprimés, mais elle est divisée. La droite (UMP, UDI ou les deux ensemble) se hisse à 30 %. Le Front national, lui, est à 20,2 %. Pour la droite comme pour l’extrême droite, il s’agit de scores jamais atteints.

Le département, qui fut présidé par Claude Bartolone – dont l’influence reste très grande sur la vie politique locale – peut-il basculer ? Les duels du second tour ressemblent à un kaléidoscope de combinaisons : cinq binômes PS ou PCF assurés d’être élus, mais aussi deux duels UDI-FN et Front de gauche-FN, huit duels droite-PS, un duel UDI-PCF, un duel PCF-EELV. L’actuel président du conseil départemental, le socialiste Stéphane Troussel, se dit « très confiant ».