Loi «Sécurité globale»: notre dossier Reportage

Grenoble, Tours, Lorient, Bordeaux, Béziers, des refus multiples qui s’additionnent

Des dizaines de milliers de personnes ont défilé en régions ce samedi 28 novembre. Pas seulement pour dénoncer la loi « Sécurité globale », mais pour parler aussi de l’école, des universités, de l’hôpital et, à Béziers, d’une police municipale mise en cause après la mort de Mohamed Gabsi. Reportages de nos correspondants.

De nos correspondants

28 novembre 2020 à 20h39

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Des dizaines de milliers de personnes ont également défilé en régions ce samedi 28 novembre. Ils étaient plusieurs milliers à Lille, à Strasbourg, à Rennes, à Marseille, à Montpellier, à Toulouse et à Lyon, où de violents incidents se sont produits en fin d’après-midi. Chaque fois, la comparaison est faite : ce sont les plus importantes manifestations depuis les mobilisations contre la réforme des retraites ou depuis la crise des « gilets jaunes ». Les reportages de nos correspondants à Bordeaux, Grenoble, Béziers, Lorient et Tours.

À Bordeaux, « la vérité sur ce qui m’est arrivé n’aurait jamais éclaté sans une vidéo »

Par Jérémy Jeantet.– Ils étaient autour de 10 000 manifestants à défiler dans les rues de Bordeaux, pour cette Marche des libertés. Un chiffre bien supérieur aux rassemblements organisés ces derniers jours. Depuis la crise des gilets jaunes, il s’agit de la manifestation la plus importante dans la ville, selon l’AFP.

Plusieurs prises de parole ont ponctué le regroupement initial, place de la Bourse, non sans créer des tensions. Le président du Club de la presse de Bordeaux a décidé de quitter les lieux, après un discours d’un représentant d'un obscur «conseil national de la transition» accusant « les médias mainstream, dont l’AFP, de colporter la fable du Covid ».

Dans la cité girondine, l’un des bastions du mouvement des gilets jaunes, Jérôme Rodrigues a tenu à être présent. Il a exhorté les manifestants à « filmer les policiers » dans une logique de « désobéissance civile ».

Jérôme Rodrigues, figure des gilets jaunes, à Bordeaux, samedi. © Jérémy Jeantet

Le tout avec la présence remarquée du maire Pierre Hurmic, accompagné de militants EELV, qui regrette « une véritable atteinte aux libertés » avec la loi « Sécurité globale ». « Je suis venu aux côtés des Bordelais qui se sont mobilisés très nombreux. J’espère que le gouvernement les entendra. »

La loi Sécurité globale et son article 24 étaient au centre des revendications, dans une volonté de dénonciation des violences policières. Le cortège s’est ensuite élancé en direction de la place Pey-Berland. Avant la dispersion des manifestants, qui a entraîné des dégradations dans la rue commerçante Sainte-Catherine, on a retrouvé Jérôme Rodrigues devant l’hôtel de ville. Venu en région « prendre le pouls de la mobilisation », il se félicite de l’affluence à Bordeaux. Étudiants, syndicalistes, personnels de santé, enseignants, citoyens, la manifestation a rassemblé bien au-delà des rangs habituels des gilets jaunes.

« C’est ce qui est aussi un peu frustrant, reconnaît-il. On est tous d’accord sur le constat, mais chacun pense être prophète sur le chemin à prendre. C’est pour ça que c’est difficile de parler de convergence. C’est d’abord une union. On verra si, à partir de ça, on arrive vraiment à renverser la table. »

Au sein du cortège, un autre visage connu, celui d’Antoine Boudinet. Voilà bientôt deux ans qu’il a eu la main arrachée lors d’une manifestation des gilets jaunes à Bordeaux. Depuis le début de la mobilisation contre le projet de loi, il ne rate pas un rassemblement.

« La vérité sur ce qui m’est arrivé n’aurait jamais éclaté s’il n’y avait pas eu de vidéo pour le documenter, rappelle celui qui a été élu sur la liste Bordeaux en luttes de Philippe Poutou. Mais c’est la même chose encore aujourd’hui. Combien de Michel Zecler sont en prison parce qu’ils n’avaient pas de vidéosurveillance pour filmer leur agression ? »

À Grenoble, « le confinement nous transforme en veaux »

Par Maïté Darnault/We Report.– En tête de cortège, à Grenoble, la moyenne d’âge ne dépassait pas 25 ans. Pour cause : ce samedi, les organisations de jeunesse et les syndicats étudiants étaient à l’initiative de la nouvelle mobilisation contre les lois Sécurité globale et Programmation de la recherche (LPR). Le préfet avait prévenu trois jours plus tôt. Pas question d’aller déambuler dans le centre-ville, où la réouverture des boutiques augurait un afflux important de badauds.

Les manifestants ont désobéi, partant à 14 h 30 de la place de Verdun, face à l’hôtel de préfecture, pour rallier la place Saint-André, en plein cœur piétonnier de la capitale des Alpes. Face à eux, des gendarmes mobiles caparaçonnés et statiques, qui ont vu le gros des protestataires – plusieurs milliers au plus fort de la marche – se disperser vers 16 h 30.

Les étudiants en tête du cortège à Grenoble. © Maïté Darnault

Quentin, 27 ans, étudiant en histoire et membre du service d’ordre de l’Unef, est venu « exiger le retrait dans leur ensemble de ces deux lois » : « Elles sont liberticides car en donnant tous les pouvoirs à la police, elles permettent au gouvernement de poursuivre son projet antisocial. » Pour lui, la LPR se résume à la « précarisation du statut et des financements de l’enseignant-chercheur », et à une « criminalisation des mouvements étudiants ».

Mais Quentin voit aussi au-delà de sa corporation : « Faire reculer le gouvernement serait une victoire pour l’ensemble du mouvement social. On s’adresse à tous les secteurs, les facs et les lycées, mais aussi le monde du travail, les organisations syndicales et politiques. »

Cet appel à une lutte unitaire a reçu le soutien des représentants locaux des gauches, très actives à Grenoble – CGT, PCF, Génération.s, Europe Écologie-Les Verts, SUD-Solidaires, NPA, CNT. Une évidence pour Jérémie Giono, secrétaire général de la section de l’Isère du Parti communiste : « Le gouvernement est plus illégitime que jamais, et comme la crise sanitaire rajoute à cette illégitimité, il se protège par une dérive autoritaire. Les lois Sécurité globale et LPR constituent des atteintes sans précédent à l’État de droit », dénonce-t-il, pointant le « cynisme » de donner dans ce contexte « un blanc-seing à une frange violente de la police ».

« L'article 24 doit être retiré, pas seulement réécrit », estime Jérémie Giono, qui voit dans « la réécriture déjà concédée » par le gouvernement une « possibilité de gagner » pour son camp.

Et d’en appeler à la tenue « d’états généraux de la sécurité collective » afin de débattre démocratiquement des doctrines du maintien de l’ordre. Ses pistes : sortir de la logique « du coup de force policier » dans les manifestations et les quartiers populaires, et réinjecter « de la proximité au quotidien ». « La grande majorité des policiers sont républicains », tient à rappeler le syndiqué.

Au sujet de l’article 24 de la loi Sécurité globale, Nicolas Benoît, secrétaire général de la CGT 38, pointe, lui, le « désastre » de « vouloir bâillonner la presse » : « Où est passé l’élan “Je suis Charlie” ?, interroge-t-il. On risque de revenir au temps de l’ORTF. »

Non loin, la pancarte d’un manifestant proclame en écho : « On veut faire des selflics. » Elena, 22 ans, sympathisante du NPA, estime « le retour sur l’article 24 possible » mais craint que « ça ne change pas le fond » : « Si ça ne passe pas aujourd’hui, ça passera plus tard, je n’ai aucun espoir dans ce gouvernement », déplore cette étudiante en sciences politiques. Seule lueur pour elle, « venir de plus en plus nombreux » aux prochaines manifs, « tisser des liens entre les causes, entre les hospitaliers, les profs, les minorités », énumère-t-elle.

Sous son drapeau vert d’EELV, Ali, militant de 34 ans, craint que la crise du Covid n’ait « endormi les gens » : « Le confinement nous transforme en veaux, on se demande si ce n’est pas pour cacher des problèmes structurels que Macron détourne l’attention sur les supposés “islamo-gauchistes”. »

D’où l’urgence de faire valoir « la colère », dit Quentin, à l’Unef, en « s’organisant à la base, en gagnant en nombre, en étendant le mouvement ». Prochain rendez-vous pour les syndicats étudiants à Grenoble : une assemblée générale prévue ce jeudi sur l’un des sites du campus.

À Béziers, « Ménard dit quoi sur Mohamed Gabsi ? »

Par Prisca Borrel.– Dans le cortège de Béziers, qui a réuni près de 350 personnes, la manifestation contre la loi Sécurité globale entre en résonance avec un drame local. Ici, le visage en négatif de Mohamed Gabsi, mort à la suite de son interpellation musclée par la police municipale de Béziers le 8 avril dernier, s’affiche sur de nombreux panneaux.

Houda Gabsi en est persuadée : « Si l’interpellation de mon frère n’avait pas été filmée, l’affaire serait passée à la trappe. Si cette loi passe, c’est terrible, on en est l’exemple. » Une opinion largement partagée par Omar Khatari, autre figure de proue du comité Justice pour Mohamed Gabsi. « Nous sommes tout le temps en train de dire que nous nous battons pour que cela n’arrive pas à d’autres, mais avec cette loi, on ne pourra plus rien faire. »

Mohamed Gabsi est mort à la suite de son interpellation musclée par la police municipale. © Prisca Borrel

Au micro de l’intersyndicale à l’origine de la mobilisation, pas un discours ne fait l’impasse sur ce drame (FO, CGT, SUD, FSU…), ni sur le couple Ménard, aux manettes de la ville de Béziers. « Robert Ménard se répand dans les médias sur la nécessité d’avoir un pouvoir autoritaire dans notre pays, comme en Pologne ou en Hongrie. Mais il dit quoi sur les droits de l’homme en Hongrie ? Et il dit quoi sur Mohamed Gabsi ? », s’interroge Jean-Marc Biau, militant CGT.

Car si les conclusions de l’enquête n’ont pas encore été rendues publiques, le rapport d’autopsie pointe bel et bien la présence d’un syndrome asphyxique imputé aux pratiques de la police municipale, et les multiples vidéos du voisinage ont été apportées comme autant de pièces au dossier pour venir contrecarrer la version des agents mis en cause. Des éléments qui pourraient bien être remis en question par le fameux article 24, destiné à pénaliser la diffusion malveillante de l’image des forces de l’ordre.

Présente dans le défilé, Sonia a été l’auteure d’une des vidéos captées ce soir-là : « Sur le coup, je n’ai pas réagi, mais j’étais choquée par ce qui se passait en bas de chez moi. Et puis j’ai entendu un agent de police municipale demander à mon voisin d’arrêter de filmer, ça m’a mis la puce à l’oreille, raconte la jeune femme. J’ai vite couru vers mon téléphone, j’ai filmé et j’ai tout envoyé sur les réseaux sociaux. C’était comme un réflexe… Si c’était à refaire, je le referai, même avec cette loi liberticide. C’est affreux ce qui se passe », souffle-t-elle.

Une loi comme un permis de frapper en somme, dont la jeune Tia, 16 ans, ne veut pas entendre parler. « L’État protège les policiers, mais nous, qui nous protège de la police ? », questionne-t-elle.

À Béziers, pour l’élu d'opposition Nicolas Cossange (PCF), cette loi fait écho au contexte politique local à deux égards : « D’abord parce qu’il y a tout un volet sur la police municipale qui vise à faire des maires des shérifs de province, et des policiers municipaux, des agents à leurs ordres ! Et puis il faut préciser que la députée Emmanuelle Ménard [élue d’extrême droite sans étiquette et épouse de Robert Ménard – ndlr] a voté cette loi, alors qu’il y a deux ans quasiment jour pour jour elle paradait avec un gilet jaune sur les épaules », s’indigne le politique, qui y voit une nouvelle preuve du double discours tenu par l’extrême droite. « À l’heure du choix, elle est toujours du côté de la matraque. »

C’est d’ailleurs devant la permanence de Madame Ménard que s’est terminé le cortège, sous les huées et les pétards des manifestants en colère. « Robert Ménard tient un discours de haine. Avec ses discours, il autorise les gens à être racistes… Alors il ne faut pas s’étonner qu’à un moment donné, la police municipale parte en vrille. J’estime que l’affaire Gabsi est le premier vrai dossier de Robert Ménard, conclut Jean-Philippe Turpin, de la Cimade. Il est le résultat de sa politique. »

À Lorient, « plus il y a de monde, plus le parcours est long »

Par Déborah Coeffier.– « C’est pas compliqué : les manifs à Lorient, plus il y a de monde, plus le parcours est long. C’est comme la confiture, on étale », résume Jacques Brillet, professeur à la retraite et militant du SNUipp (Syndicat national unitaire des instituteurs, professeurs des écoles et PEGC). De mémoire de manifestant, il y a longtemps que l’on n’avait pas vu autant de monde dans un cortège de la ville aux cinq ports, 3 000 personnes au bas mot.

Des jeunes, des moins jeunes, des élus, des anonymes, des militants de tous bords, des défenseurs des libertés… Tous venus dire leur opposition à la loi Sécurité globale, sous le soleil très doux de cette fin d’après-midi. Dans une ambiance particulièrement bon enfant, au son de quelques binious et bombardes perdus dans la foule, les pancartes fièrement levées, les masques bien accrochés aux oreilles.

Beaucoup de jeunes parmi les 3 000 manifestants à Lorient. © Déborah Coeffier

Le corps enseignant était aussi venu en nombre. Derrière les barrières de la FSU (Fédération syndicale unitaire), ils étaient au moins une petite trentaine à s’être donné rendez-vous. « En tant qu’enseignant, on nous demande d’insuffler un esprit critique et un respect des libertés, et cette loi va à l’encontre de tous ces principes », résume Fabrice Rabat, professeur de SVT (Sciences et vie de la Terre) au lycée Charles-de-Gaulle à Ploemeur et co-secrétaire départemental du Snes (Syndicat national des enseignements de second degré).

« En remettant en cause le travail journalistique, c’est aux fondements même de la démocratie et aux piliers de la République que la loi s’attaque. La police fait son travail mais est gangrénée par des personnes qui n’ont rien à y faire. Il y a là une dérive de garde prétorienne et nos responsables politiques ne sont pas à la hauteur de la réponse à apporter », analyse Philippe Leaustic, professeur de SVT au lycée Colbert de Lorient.

Bien sûr, chacun a en tête les deux affaires qui ont défrayé la chronique cette semaine : l’évacuation particulièrement musclée de la place de la République à Paris par les forces de l’ordre et le passage à tabac de Michel Zecler par plusieurs policiers le week-end dernier, dont les images ont stupéfié le pays entier.

« Ces deux faits sont l’illustration même du message intolérable que véhicule la loi. La violence est absolument inadmissible. Nous sommes ici pour dénoncer mais aussi pour rappeler que nous avons un rôle d’éducation à la citoyenneté, et cette loi va directement à l’encontre des valeurs que nous devons transmettre à nos élèves », assure Pierre-Yves Moré, CPE (Conseiller principal d’éducation) au lycée Émile-Zola, à Hennebont.

Ce grand rassemblement pour dire tranquillement mais fermement un grand « non » à la loi Sécurité globale a aussi été l’occasion de se retrouver, en cette journée aux allures de déconfinement. D’ailleurs, le défilé s’est fini devant la sous-préfecture par un petit An Dro collectif (une danse bretonne). Promis, tout le monde s’est désinfecté les mains après.

À Tours, « moi j’apprends la discipline et le discernement à mes agents »

Par Jordan Pouille.– Batucada SUD Education en tête de cortège, syndicats CGT, FO et partis de gauche derrière. Des familles, des étudiants, beaucoup de retraités forment le gros des manifestants. Le cap des 3 000 manifestants est allègrement franchi à Tours, ce samedi.

Des gilets jaunes, pas plus de 200, sont disséminés çà et là. Comme ces trois mamies, anciennes aides-soignantes, la photo d’un Jérôme Rodrigues éborgné épinglée à la chasuble. « On pense très fort à lui aujourd’hui. Ce qu’a subi Michel, c’est ce qu’a vécu Jérôme. Cette brutalité, on la dénoncera encore et toujours. »  

À 15 h 30, les manifestants ont quitté la place Jean-Jaurès, devant la mairie, rattrapé la préfecture, remonté la rue Émile-Zola pour rejoindre la rue Nationale, principale artère commerçante. Des clients sortent des galeries Lafayette à tâtons. Leurs sacs d’emplettes croisent des panneaux rageurs dénonçant les lois liberticides et les violences policières.

Défilé dans le centre piétonnier et autour des magasins ouverts. © Jordan Pouille

« Notre présence est surtout symbolique, car je ne vois pas comment l’article 24 pourra être validé par le Conseil constitutionnel », dit Jérémie, 44 ans, casquette noire Road 66 assortie à son masque et ses rangers. Seul le maillot détonne : il est jaune fluo. Jérémie a travaillé à la police aux frontières à Roissy du temps de son service national. Le voici à la tête d’une équipe d’agents de sécurité naviguant entre les gares de Tours et Saint-Pierre-des-Corps.

« Moi j’apprends la discipline et le discernement à mes agents. Je leur dis que quand tu interviens auprès d’une personne, tu es responsable de son intégrité, de sa dignité. Ils savent que s’ils en viennent aux mains, c’est qu’ils ont fait du mauvais boulot. Et puis, quand on travaille en gare, on est filmé en permanence et on l’accepte. La vidéo est aussi là pour vérifier qu’on ne rend pas les coups. »

Lors du premier acte des gilets jaunes, Jérémie était sur le rond-point d’Amboise, tout près du château. Dès le deuxième, il était sur les Champs-Élysées. « Et j’ai mangé tout de suite, une grenade lacrymogène dans le ventre. J’ai été blessé… D’ailleurs, il y a une vidéo sur YouTube, vous verrez. » Jérémie aimerait alerter sur les violences exercées par des policiers sur d’autres policiers, une réalité dissimulée. « Les policiers violents, croyez-moi qu’ils le sont aussi avec leurs collègues. Ceux qui se suicident, ceux qui partent en ont souvent été les victimes. » 

Emmanuelle, 53 ans, manifeste en fauteuil électrique, le gilet jaune accroché à l’arrière. Elle roule à côté de Romain, 34 ans, SDF depuis un an et au RSA depuis trois ans, après qu’un emploi aidé de paysagiste à l’ADMR lui est passé sous le nez.  

Emmanuelle dit avoir vu de près la brutalité policière. Non pas sur les ronds-points mais chez elle. « Ça remonte à loin, quand on est venu me chercher de force pour un séjour en psy : il y avait 17 personnes, policiers et pompiers, sans compter le médecin. Je ne voulais pas y aller, je me suis défendue mais il n’y avait pas moyen d’y échapper. Un kidnapping. »

Plus tard, toujours à son domicile. « Là, j’étais bien mais j’avais mis la musique un peu fort. Les policiers sont venus, ils étaient ignobles et m’ont laissé des bleus. À l’époque, je n’ai pas osé porter plainte. Contre la police, ça me semblait impensable. »

À 16 h 30, les manifestants se sont dispersés dans le calme. Plusieurs centaines de jeunes choisiront de redescendre la rue Nationale au cri de « Tout le monde déteste la police ! ».

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