Hollande, l'hypercontesté

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En un an et demi seulement, le pouvoir socialiste élu sur la promesse du « changement » a réussi la prouesse de décevoir sa base électorale, de galvaniser par ses hésitations sociétales la droite conservatrice et d'alimenter une véritable fronde fiscale.

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Manifestants bretons opposés à l'écotaxe, « pigeons » ou « plumés » exaspérés par les « charges sociales » et les impôts, anti-mariage pour tous plus remontés que jamais, lycéens ulcérés par l'expulsion de la jeune Leonarda, déception des électeurs de gauche qui snobent les urnes… en quelques mois, François Hollande a réussi l'impossible : susciter et attiser les mécontentements les plus hétéroclites. « Il ne manque plus que les barrages routiers… », soupire Gaël Brustier. Pour cet essayiste, militant de l'aile gauche du PS après avoir été proche d'Arnaud Montebourg, ces contestations sociales n'ont pas encore « cristallisé ». « On n'en est pas encore à la synthèse des oppositions, dit-il. Mais il n'est exclu non plus qu'on soit en train de vivre un décembre 1995 lancinant », auquel assisterait un pouvoir socialiste paralysé.