Le dernier fiasco de l’ex-juge Bruguière: l’affaire des Moudjahidines du peuple

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Après onze années d’instruction, l’un des plus gros dossiers « antiterroristes » de l’époque Bruguière vient de s’achever par un non-lieu général accordé par le juge Marc Trévidic. C'est un camouflet de plus pour l'ancienne supposée star hexagonale de l'antiterrorisme.

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Ce 17 juin 2003, le « coup de filet » est médiatisé avec force roulements de tambour. Pas moins de 1 300 policiers sont mobilisés pour arrêter – devant les caméras de télévision – quelque 158 « suspects » dans une affaire de terrorisme, et ce en raison de « soupçons d’attentats ». Bigre. Les « cibles » de cette opération policière ? Les Moudjahidines du peuple, des opposants iraniens installés depuis 1980 à Auvers-sur-Oise. Ils ont toujours été étroitement surveillés par les services français, avec qui ils échangent, semble-t-il, quelques informations, cela sans aucun incident notable. Qu’importe. À l'Assemblée, le ministre de l’intérieur, Nicolas Sarkozy, se félicite de cette grosse opération. La Direction de la surveillance du territoire (DST) a donc bien travaillé. Le parquet de Paris (alors dirigé par Yves Bot) est au garde-à-vous et le célèbre juge antiterroriste Jean-Louis Bruguière est saisi du dossier. On allait voir ce qu’on allait voir.