Lafarge en Syrie et le rôle de la diplomatie française

À travers une lettre de l’ancien ambassadeur de France à Damas, Éric Chevallier, le Quai d’Orsay a reconnu pour la première fois qu'un entretien avait eu lieu à l’été 2012 avec les dirigeants de Lafarge.

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Dans une lettre envoyée aux juges d’instruction par l’ancien ambassadeur de France à Damas, Éric Chevallier, le Quai d’Orsay reconnaît pour la première fois qu'un entretien a eu lieu à l’été 2012 avec les dirigeants de Lafarge. Plusieurs cadres de l'entreprise sont poursuivis dans le cadre d'une information judiciaire : Lafarge est accusé d'avoir financé plusieurs groupes armés, dont l’État islamique, pour continuer à produire du ciment dans son usine de Jalabiya. Depuis près d’un an, les diplomates français niaient avoir rencontré les dirigeants de Lafarge entre le mois de septembre 2011 et septembre 2014 pour évoquer la situation du groupe en Syrie. Christian Herrault, l’ancien directeur adjoint de Lafarge notamment en charge de la Syrie, avait déclaré aux enquêteurs que la diplomatie française les avait incités à rester en Syrie : « Le Quai d’Orsay dit qu’il faut tenir, que ça va se régler. »