La traversée du Mexique est un enfer pour les migrants centraméricains

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Des centaines de milliers de Honduriens, de Salvadoriens ou de Guatémaltèques fuient la misère et la violence de leurs pays. Mais le voyage en direction du « rêve américain » est un chemin de croix semé d’embûches, qui s'est encore aggravé depuis que le Mexique a, il y a quelques mois, décidé de renforcer sa frontière sud.

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Mexique, de notre correspondante. - Adossée contre un pilier dans la cour de l’auberge pour migrants d’Ixtepec, au sud du Mexique, dans l’État d’Oaxaca, Keyla Reyes caresse son ventre rond tout en dévorant une tortilla de maïs. Cette frêle jeune femme, âgée de 22 ans, est enceinte de 7 mois. Elle vient d’arriver à l’auberge après un périple de plusieurs mois entre La Ceiba, sa ville natale, au Honduras et le Mexique. « J’ai eu un gros problème avec ma grossesse, il y a deux jours, j’étais tellement déshydratée que j’ai ressenti de violentes douleurs aux reins et au dos, raconte-t-elle de sa voix fluette. Je sais que c’est mauvais de marcher autant pour le bébé, mais je voulais absolument que ma fille naisse aux États-Unis, qu’elle ait la nationalité américaine et qu’elle puisse avoir des opportunités qu’elle n’aura jamais dans mon pays. »