La nouvelle propagande mémorielle du régime iranien

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Les rues de Téhéran sont, depuis longtemps, truffées de références historiques qui délivrent un message et un récit officiels, également présents à la télévision. Mais ses formes ont été renouvelées, pour contrer les images venues de l’extérieur et correspondre au moment politique que vit l’Iran contemporain.

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De notre envoyé spécial à Téhéran (Iran).-  Sur la place Vali-e Asr, au cœur de Téhéran, est récemment apparue une gigantesque affiche détournant la fameuse photo prise à Iwo Jima, au Japon, le 23 février 1945 par Joe Rosenthal, montrant un groupe de marines américains en train de hisser la bannière étoilée sur le mont Suribachi. Sur la version iranienne, c’est sur un monceau de cadavres musulmans ensanglantés que sont juchés les soldats en train de planter le drapeau américain. L’image veut non seulement rappeler les morts du Moyen-Orient causées par les interventions américaines, mais aussi faire écho à la façon dont les États-Unis vainquirent le Japon grâce à l’arme atomique, au moment précis où un accord sur le nucléaire iranien, jugé inique par beaucoup d’Iraniens, y compris dans les hautes sphères du pouvoir, a été trouvé le 14 juillet 2015.