Argentine: la complicité d’entreprises dans les crimes de la dictature peine à émerger

Par Anna SLIZEWICZ

Près de quinze ans après la réouverture des procès pour crimes contre l’humanité commis durant la dictature militaire argentine (1976-1983), les organisations de défense des droits de l’homme dénoncent un processus judiciaire qui tourne au ralenti et réclament que la complicité de certaines entreprises dans la dictature soit reconnue, ainsi que les crimes sexuels.

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Buenos Aires (Argentine), correspondance.– À l’entrée des accusés dans la salle du tribunal, des dizaines de mains se lèvent simultanément, portant des photos en noir et blanc de jeunes gens souriants, cheveux longs et look années 1970. Comme lors de tant d’autres procès ouverts au cours de la dernière décennie en Argentine, les proches de disparus au cours de la dictature militaire (1976-1983) sont venus faire face, en silence, aux anciens hauts gradés du régime. Depuis la fin avril, le tribunal fédéral de San Martín, en banlieue de Buenos Aires, juge les responsables du centre de détention clandestin Campo de Mayo.