Lorsque Juan Luis Cebrian, le tout-puissant patron d'El País, a annoncé à ses salariés, en octobre, les grandes lignes du plan social qui les attendait, il s'est justifié avec un argument massue : le journal, premier quotidien d'Espagne, ne peut plus « continuer à vivre aussi bien ». Trop de journalistes, trop bien payés. Le raisonnement rappelle celui de Mariano Rajoy, le chef du gouvernement (droite), qui, à chaque nouveau plan d'austérité, explique aux Espagnols, l'air contrit, que le pays ne peut plus continuer à « vivre au-dessus de ses moyens ».