A Bombay, le bidonville de Dharavi signe l'échec des politiques de développement

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Malgré une décennie de forte croissance, l'extrême pauvreté continue de définir l'Inde, signalant l'impasse des politiques de développement frileusement menées. À l'heure des élections législatives, plongée dans le plus grand bidonville d'Asie, 700.000 habitants et pratiquement aucun espoir de pouvoir en sortir.

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De notre envoyé spécial à Bombay (Inde).   La vieille femme est assise à même le sol poussiéreux. Devant elle, une douzaine de crabes gris et un panier de crevettes roses. Les crustacés sont constellés de mouches. Le soleil est à son zénith et le mercure dépasse les 35 degrés. L’odeur qui s’en dégage concurrence celle de la rigole d’eau croupissante remplie d’ordures et d’excréments qui serpente sur sa droite. Elle sourit doucement quand on lui demande si sa marchandise se vend bien et hausse les épaules avec l’air de dire : « Comme tous les jours, ni plus qu’hier, ni moins que demain. »