Réfugiés: Paris et Berlin proposent un mécanisme de répartition obligatoire

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La France et l'Allemagne ont proposé jeudi 3 septembre la mise en place d'un « mécanisme permanent et obligatoire » de répartition des réfugiés au sein de l'Union européenne, le même que ces deux pays avaient refusé en juin dernier.

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La France et l'Allemagne ont proposé jeudi 3 septembre la mise en place d'un « mécanisme permanent et obligatoire » de répartition des réfugiés au sein de l'Union européenne après l'émoi suscité par la publication de la photo d'un enfant syrien de trois ans dont le corps sans vie a été retrouvé sur une plage en Turquie.

François Hollande et Angela Merkel, qui se sont parlé au téléphone dans la matinée, estiment que la situation a changé, au terme d'un été marqué par un afflux continu de réfugiés aux frontières de l'Europe et par des drames très médiatisés.

En juin dernier, Paris et Berlin avaient refusé la proposition de la commission européenne d'instaurer des quotas de réfugiés par pays selon leur taille, leurs ressources et leur population, préférant le volontariat. Un nouveau plan devrait être présenté la semaine prochaine par Jean-Claude Juncker, la président de la commission, afin d'apporter une réponse coordonnée à cette crise qui divise les Vingt-Huit sur l'attitude commune à adopter.

« Je considère qu'aujourd'hui, ce qui a été engagé ne suffit plus », a admis François Hollande lors d'une conférence de presse à l'Elysée aux côtés du premier ministre irlandais Enda Kenny. A Berlin, la chancelière a parlé de « quotas », un mot jusqu'ici tabou en France dans ce dossier sensible. « L'Union européenne doit faire davantage, elle doit répartir, c'est le mot qui est choisi, un certain nombre de personnes qui demandent refuge, a dit François Hollande. Il ne s'agit plus de s'attacher à des mots, il s'agit de sauver des vies et de régler dignement la situation de personnes qui relèvent du droit d'asile. »

La France et l'Allemagne veulent aussi que des centres d'accueil ouvrent en Grèce et en Italie, ce qui permettra de faire le « tri » entre ceux qui peuvent obtenir l'asile et ceux qui sont considérés comme des migrants économiques.

La proposition franco-allemande sera examinée par les ministres de l'intérieur européens réunis le 14 septembre, puis au conseil européen, a encore précisé François Hollande.

Cette proposition est loin de faire l'unanimité au sein de l'Union européenne, notamment parmi les pays d'Europe centrale sortis du giron communiste et dont les économies demeurent fragiles. La Pologne, résumant la position de plusieurs de ses voisins, a estimé que l'UE devait aider ceux qui fuient la guerre dans leur pays mais qu'il n'est pas question d'imposer des quotas de manière automatique. Le premier ministre hongrois, Viktor Orban, qui a fait construire une clôture de 175 km de long à sa frontière avec la Serbie pour contenir les migrants qui affluent par le Sud, a dit attendre une offre concernant les quotas de migrants mais ne souhaite pas une large communauté musulmane dans son pays.

David Cameron a lui aussi fait part de ses réticences, affirmant que la Grande-Bretagne n'entendait pas modifier sa politique actuelle sur la question des réfugiés syriens et rejetant les appels en faveur d'une augmentation du nombre de personnes que son pays pourrait accueillir.

(Reuters)

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