La colère sourde du Cachemire indien

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Depuis la suppression abrupte de son autonomie, la vallée rebelle du Cachemire reste muselée par l’interdiction de rassemblement, l’absence de communications et un dispositif sécuritaire hors norme. Reportage de Vanessa Dougnac pour Le Temps de Genève.

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« L’Inde nous a poignardés dans le dos ! », s’insurge, dans un anglais parfait, Zahed (tous les prénoms ont été changés), un instituteur à la tunique brodée. Sur ce bord de route de Bijbehara, dans le district troublé d’Anantnag, les voisins s’approchent et les paroles se bousculent. Les 8 millions d’habitants du Cachemire indien, à majorité musulmane, restent abasourdis par la révocation abrupte de l’autonomie constitutionnelle de leur région, dans une décision annoncée le 5 août par le gouvernement nationaliste hindou. Réélu triomphalement en mai, le premier ministre Narendra Modi justifie sa « décision historique » par une volonté d’amener paix et prospérité dans la vallée himalayenne du Cachemire, région hostile à New Delhi et revendiquée par le Pakistan, en proie à une insurrection séparatiste depuis 1989.