Diyarbakir, une ville en redressement idéologique

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À l’automne 2016, Ankara a procédé à un formidable tour de passe-passe dans des dizaines de villes du Kurdistan turc en remplaçant les élus locaux kurdes par des « administrateurs judiciaires » nommés par le ministère de l’intérieur. Le bilan d’un an de tutelle vu de Diyarbakir, la « capitale » des Kurdes de Turquie.

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Diyarbakir (Turquie), envoyé spécial.-  On n’avait jamais vu cela dans l’histoire de la Turquie depuis le coup d’État militaire de 1980. En quelques semaines, à l’automne 2016, la plupart des maires liés au mouvement kurde dans le sud-est ont été jetés en prison et leurs municipalités ont été confiées à des autorités de tutelle nommées par le ministère de l’intérieur. En un claquement de doigts, probablement présidentiel, la volonté des électeurs de la région a été effacée pour remplacer des édiles, souvent élus à de larges majorités, par des fonctionnaires inféodés à Ankara.