Entre les Etats-Unis et le Mexique, la frontière se ferme, sauf pour les expulsions

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Alors qu’aux États-Unis, le durcissement des mesures migratoires fait paniquer les 5,8 millions de Mexicains en situation irrégulière, au Mexique, les villes frontalières, débordées par l’afflux de migrants et d’expulsés, sont au bord de la crise humanitaire.

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San Diego (États-Unis), Tijuana (Mexique), envoyée spéciale.-  « On marchait dans la rue avec ma femme lorsqu’ils ont hurlé “les mains en l’air !” et ils m’ont menotté, devant ma femme. » Javier Portugal mélange l’espagnol et l’anglais. Depuis deux semaines, il erre à Tijuana, à quelques mètres de la frontière avec les États-Unis, à moins de 200 kilomètres de « [sa] maison », à El Monte, dans le comté de Los Angeles. Le grand corps robuste de cet homme de 45 ans se met à trembler sous les sanglots. « J’ai demandé à l’un des policiers si je pouvais dire au revoir à ma femme, mais il a refusé : “Je ne veux pas de chialeuse dans ma voiture.” » Arrivé au centre de détention d’Otay Mesa, à la frontière entre San Diego et Tijuana, Javier a exigé, comme le permet la loi américaine, un avocat pour faire appel. « Ils ont refusé et ils m’ont tout de suite relâché ici, comme un chien, sans affaires, sans argent. »