Le président égyptien navigue à vue pour redresser une économie exsangue

Par Assia Shihab

Un an après son accession au pouvoir, suite au renversement des Frères musulmans, le maréchal Sissi oscille entre nassérisme et néo-libéralisme en cherchant surtout à asseoir son autorité.

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Le Caire, correspondance. Entre deux affichages des cours du Nasdaq, l’écran géant de Times Square à New York déroule un clip aux airs de publicité de voyage : une pyramide, un cargo dans une eau turquoise, un champ d’éoliennes, une route fraîchement bitumée au milieu du désert et ce slogan, « The new Egypt. Peace, growth, prosperity » (« La nouvelle Égypte : paix, croissance et prospérité »). Cette campagne publicitaire à la gloire de la « nouvelle Égypte », lancée avant la première visite aux États-Unis d’Abdel-Fattah al-Sissi lors de l’Assemblée générale de l’ONU, fin septembre, a été financée par trois hommes d’affaires égyptiens, soucieux d’être bien vus des militaires, nouveaux maîtres absolus d’un pays où leur éclipse lors du « printemps 2011 » n’aura été qu’un leurre. Parviendront-ils, ces sexagénaires galonnés, à convaincre les investisseurs étrangers qu’ils sont désormais à la hauteur des immenses défis qu’affronte leur pays et à garder la confiance des Égyptiens ?