Au Kenya, le rêve démocratique se fissure

Par Laure Broulard

Après l’annulation d’une première élection présidentielle par la Cour suprême et un second scrutin boycotté par l’opposition, le Kenya est plongé dans une crise politique inédite. Le pays, considéré comme une des sociétés les plus libres d’Afrique de l’Est, voit son modèle  sérieusement mis à l’épreuve.

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Nairobi (Kenya), correspondance.-  Ovation dans le centre de conférence « Bomas du Kenya », en périphérie de Nairobi. La foule, principalement composée de représentants du Jubilee, le parti au pouvoir, entonne des chants en l’honneur d’Uhuru Kenyatta. En ce 30 octobre 2017, le chef de l’État sortant vient d’être officiellement réélu président du Kenya. « Comme vous le savez, ce n’est pas la première fois. Espérons que ce sera la dernière », plaisante-t-il, soulevant les rires de l’assistance. En août dernier, c’est ce même président, les yeux cernés par des mois de campagne mais un grand sourire aux lèvres, qui se tenait déjà à la même tribune, vainqueur d’une élection présidentielle très disputée. Il l’avait alors emporté avec 54 % des voix, écrasant son opposant historique, Raila Odinga, de plus de deux millions de suffrages.