Après la mort de Chayma al-Sabbagh, le régime égyptien est mis à nu

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La mort d'une manifestante pacifique et une nouvelle attaque meurtrière dans le Sinaï accentuent les tensions et créent un climat délétère en Égypte. Le régime soutenu par les militaires a eu raison des révolutionnaires en rognant sur toutes les libertés fondamentales.

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De notre correspondante au Caire. Militants de gauche, féministes, figures connues de l’opposition et anonymes, toute la famille politique de Chayma al-Sabbagh, 34 ans, s’est réunie à la mosquée El Hamdeya el-Shazliya du Caire pour lui rendre un dernier hommage dimanche 1er février. Tuée par la police pour avoir voulu déposer une gerbe de fleurs à la mémoire des martyrs du 25 janvier 2011, ses funérailles ont tourné à la manifestation la semaine précédente à Alexandrie, sa ville natale. « Elle était très active dans notre branche alexandrine, elle était spécialisée dans les questions de justice sociale », raconte Fatma Khafagy, membre de l’Alliance du parti populaire, parti de gauche laïque que Chayma avait rejoint à sa fondation en 2011. « Elle faisait du travail de terrain, avec les travailleurs et les ouvriers d’Alexandrie qu’elle aidait et conseillait. » Celle que l’on a surnommé « la martyre des fleurs » était « une femme au contact très aisé, férue du folklore égyptien et de poésie ». Elle avait un petit garçon de cinq ans.