Depuis le Tchad, une coalition militaire fait reculer Boko Haram

Par

Jean-Yves Le Drian a rencontré le 29 avril à N’Djamena le président tchadien Idriss Déby pour évoquer la lutte contre Boko Haram. Appuyée par les États-Unis et la France, une coopération militaire des États de la région se met en place. Sur le terrain, Boko Haram perd du terrain.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

De N’Djamena et du lac Tchad, correspondance -. Sous la grande tente blanche, Charlot Serferbé Daba montre la chaise en plastique sur laquelle s'assoient ses patients. Le psychologue soigne les blessures invisibles des réfugiés nigérians de Boko Haram pour Médecins sans frontières. « Ils me présentent des douleurs diffuses, impossibles à localiser. Certains sentent leur cœur qui s'est déplacé, ou qui tombe, ou qui est incisé », raconte-t-il d'une voix douce en portant sa main gauche à sa poitrine. Des blessures somatisées, seule échappatoire de l'esprit quand se sont imprimées dans la rétine des images insoutenables. La majorité des personnes réunies dans ce camp de Dar es Salaam ont fui Baga, sur la rive nigériane du lac Tchad, ravagée par Boko Haram en janvier 2015.