Les nuages s’accumulent sur la révolution algérienne

Par Lofti Barkati

Après quatre mois d’un immense soulèvement populaire, l’inquiétude est perceptible chez beaucoup d’acteurs de cette révolution pacifiste. Un retour en arrière semble impossible, mais les divisions des oppositions empêchent de formuler un vrai projet démocratique et laissent l’armée maître de l’agenda.

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Une fois de plus, Ali Dilem, dessinateur algérien du quotidien Liberté, résume parfaitement l'enjeu de ce nouveau vendredi de manifestations en Algérie, le vingtième depuis le 22 février. « La guerre de libération s’est arrêtée le 5 juillet 1962 pour reprendre le 22 février 2019. » Des millions d'Algériens devaient à nouveau occuper rues et places dans tout le pays. La mobilisation était promise d'autant plus forte que ce vendredi 5 juillet est également le jour anniversaire de l'indépendance de l'Algérie. La « deuxième révolution après celle de 1962 », comme disent beaucoup d'Algériens pour décrire ce qui se passe dans leur pays depuis quatre mois, pourrait être accélérée par cette journée du 5 juillet attendue avec fébrilité par le pouvoir.