En Birmanie, les parias de la démocratie

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La question ethnique est l'enjeu numéro un des élections qui se déroulent dimanche 8 novembre en Birmanie. Les militaires, pas plus que les partis d'opposition, ne savent comment faire de la place à l'extraordinaire mosaïque de populations qui composent le pays, ces “voisins de l'intérieur” dont beaucoup ne pourront pas voter.

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Birmanie, envoyé spécial.- De la rue principale, on ne la voit presque plus. Les derniers jours d'octobre ont été arrosés d'une pluie fine qui embrume le golfe du Bengale, et la végétation tropicale qui la dévore copieusement oblige à écarquiller les yeux pour apercevoir ses élégantes coupoles et son fin minaret. S'il n'y avait ces deux soldats planqués dans une guérite barrant l'accès à son entrée, la mosquée de Sittwe pourrait presque passer pour un vestige archéologique bicentenaire. Il n'y a pourtant que trois ans qu'elle a été fermée par le gouvernement birman, à la suite d'émeutes entre bouddhistes et musulmans qui s'étaient soldées par l'assassinat à l'arme blanche de plus de deux cents personnes. Un quartier entier de la ville avait été incendié, où cohabitaient pourtant pacifiquement toutes les communautés religieuses.