«Le Venezuela est un miroir grossissant des conflits de la région»

Par Lamia Oualalou

Les pays du Mercosur ont décidé samedi de suspendre le Venezuela « pour rupture de l'ordre démocratique ».  Les pays de l'Amérique latine sont cependant divisés : une alternance signifierait un retour à des politiques très conservatrices. Entretien avec le politologue Mauricio Santoro, professeur de relations internationales à l’université d’État de Rio de Janeiro.

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Cinq jours après l’élection contestée de l’assemblée constituante acquise au président vénézuélien, Nicolas Maduro, les 545 députés qui la composent siégeaient pour la première fois vendredi 4 août dans un climat de grande tension. L’opposition, qui la considère comme une « fraude », a appelé à de nouvelles manifestations, estimant qu’elle est un moyen, pour Nicolas Maduro, d’imposer son pouvoir. On ne connaît pas, par exemple, l'étendue des pouvoirs de cette assemblée. Elle est dotée d'un « super-pouvoir » selon les autorités, c'est-à-dire qu'elle est au-dessus de l'actuelle Assemblée nationale. Sa capacité à dissoudre les institutions comme le Parlement ou le parquet, pour le moment acquis à l'opposition, n’est toutefois pas claire. Alors que les États-Unis et l’Union européenne refusent de reconnaître la légitimité de l’assemblée, les pays d’Amérique latine se divisent entre détracteurs virulents, critiques prudents et adeptes inconditionnels. Plus que la situation du Venezuela, c’est le débat politique interne, grippé dans la majorité des cas, qui alimente ces prises de position, comme l’explique dans un entretien le politologue Mauricio Santoro, professeur de relations internationales à l’université d’État de Rio de Janeiro.