Irak: le cri d’une jeunesse abandonnée

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Les manifestations continuent dans les villes irakiennes, en dépit d’une répression de plus en violente qui a fait plus de 100 morts et 4 000 blessés. Depuis vendredi, des snipers sont entrés en scène. Pour la première fois, le conflit, qui oppose les jeunes chiites à un gouvernement chiite lui-aussi, n’est plus interconfessionnel.

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Qui sont-ils et qui les dirige ? Personne ne le sait avec certitude mais, depuis vendredi, ils se sont embusqués dans les rues de Bagdad pour tuer, froidement et méthodiquement, visant à la tête et choisissant bien leurs cibles parmi les manifestants. Certains d’entre eux accusent sur les réseaux sociaux les tireurs d’élite de la police, d’autres les cellules dormantes de l’État islamique. D’autres, plus nombreux, désignent les hommes des milices pro-iraniennes qui maillent désormais tout le territoire irakien et que l’on a déjà vus tirer sur la foule. Aucune certitude mais cette entrée en scène des snipers témoigne bien que l’Irak est happé dans une spirale de violence de plus en plus incontrôlable.