A Bruxelles, soulagement après la victoire de Macron

Par

Après le succès contenu de l'extrême droite aux Pays-Bas et la défaite de Marine Le Pen en France, les dirigeants bruxellois veulent croire que les adversaires de l'UE sont en train de perdre du terrain. Sans surprise, c'est à Berlin que le futur chef d'État effectuera son premier déplacement officiel.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

Bruxelles (Belgique), envoyé spécial.– C’était il y a à peine plus d’un an. Emmanuel Macron était alors ministre de l’économie du gouvernement Valls et s’était offert un déplacement en Belgique, le 18 avril 2016, pour mettre en scène sa stature d’Européen fervent. Il s’était notamment rendu au Collège de Bruges, l’école censée former l’élite qui veut intégrer les institutions de l’UE, pour y prononcer un discours en forme de plaidoyer pour la « transgression » : « Nous venons d’assister à une décennie perdue depuis le vote négatif de la France et des Pays-Bas en 2005 », avait-il lancé devant un public d’étudiants conquis. « On répète […] qu’il faudrait être plus intégré, respecter l’Europe à 28, faire attention aux grands équilibres. Ce sont les précautions qu’on aurait pour une vieille personne malade, pas pour quelqu'un à qui l’on prête un avenir. »

Après avoir cité l’un des « pères fondateurs » de l’Europe, le Français Julien Benda (qui n'est pas le plus connu des fondateurs de l'UE), il avait dit son espoir d’appartenir à « la génération des refondateurs » de l’Europe. Quelques heures plus tard, le même Emmanuel Macron semblait comme un poisson dans l’eau, invité à un entretien public à Bruxelles mené par le site d’information américain spécialisé sur l’UE Politico (voir la vidéo ci-dessous). Ce soir-là, il avait joué le jeu sans ciller. Il avait répondu, dans un anglais mâtiné d'accent français, à des questions parfois légères :