Les disparus de Mossoul

Par Jérémy André

L'État islamique a fait disparaître des milliers de personnes en Irak. La quasi-totalité d’entre elles sont mortes, jetées dans des charniers. Mais d’anciens prisonniers de Daech sont encore perdus dans les limbes du système judiciaire. C'est un enfer administratif pour les familles, doublé d’une aubaine pour des politiques en campagne, à l'approche des législatives samedi 12 mai.

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Mossoul (Irak), envoyé spécial.– À Mossoul, dans le nord de l’Irak, neuf mois après la chute de l’État islamique (Daech en arabe), la joie de la libération fait déjà parfois place à la colère. Et ce sont les victimes de l’EI qui l’expriment le plus violemment. « L’État irakien n’a rien fait pour les familles de disparus », s’emporte Lailah, rencontrée début mars. Avec plusieurs autres familles, elle est venue raconter son histoire dans la petite cour d’une maison de Karama, un quartier populaire.