Tunisie: incarcéré, un finaliste à la présidentielle est libéré contre toute attente

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Une campagne électorale avec un des deux finalistes incarcéré puis relâché à la veille du second tour est-elle équitable ? En Tunisie, la détention puis la libération surprise de l’homme d’affaires controversé Nabil Karoui, qui pourrait être élu président le 13 octobre, sature l’espace médiatique de polémiques et cause un sérieux casse-tête juridique. 

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Imagine-t-on Marine Le Pen en France, aussi dangereuse soit-elle pour une démocratie, interpellée et incarcérée quelques jours avant le début de la campagne présidentielle au motif qu'elle traîne des casseroles judiciaires, en fait parce que les sondages la donnent en tête ? Imagine-t-on que sa candidature soit maintenue malgré cette brutale incarcération, qu’elle soit qualifiée pour le second tour de la présidentielle depuis sa cellule de prison où elle crie au scandale et à l'injustice ? Imagine-t-on qu'elle soit finalement relâchée à quatre jours du second tour à la surprise générale, ses demandes de remise en liberté ayant jusque-là toutes été retoquées ?