La mort d'Ariel Sharon : un Israël de fer

Par Sylvain Cypel

L'ancien premier ministre israélien, décédé ce samedi, a incarné une grande partie de l'histoire d'Israël, son armée, ses guerres, ses répressions et ses massacres. Haïm Gouri et Géoula Cohen, qui l'ont connu depuis sa jeunesse, témoignent des années de conquête et des interrogations d'un Sharon devenu premier ministre et se rangeant à l'idée d'un État palestinien.

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« Pour viser et tirer, il faut fermer un œil. Pour voir la réalité dans sa globalité, il faut avoir les deux yeux grands ouverts. Arik, qui était d’abord un soldat, a longtemps fermé un œil. Surtout celui de la morale… En devenant premier ministre, il a commencé de voir la réalité différemment. » « Arik », c’est Ariel Sharon, qui est mort ce 11 janvier 2014, après plus de huit ans de coma. Quant à Haïm Gouri, qui l’évoque ainsi, il est le dernier encore en vie des « poètes nationaux » israéliens, comme ses compatriotes désignent ceux issus de la génération qui érigea l’État d’Israël en 1948.