Asli Erdogan: «Les institutions de la démocratie turque vont totalement s’effondrer»

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Arrêtée à l’été 2016 sur des accusations de sédition terroriste, l’écrivain et journaliste turque Asli Erdogan est devenue le symbole des milliers de victimes des purges menées par Ankara. Relâchée fin décembre, après 133 jours de détention, elle revient sur les conditions de son emprisonnement et une liberté au goût amer.

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Istanbul (Turquie), de notre correspondant.– Dans le monde littéraire turc, Asli Erdogan est une voix qui compte. Une voix qui dérange aussi, lorsqu’elle raconte dans ses livres le monde de la prison ou quand ses articles de presse dévoilent la brutale réalité du conflit kurde, que nombre de ses contemporains préféreraient ignorer. Cette prise de parole lui vaut aujourd’hui d’être poursuivie pour appartenance à une organisation armée, propagande en faveur de cette organisation et tentative d’atteinte à l’intégrité du pays, un crime passible de la prison à vie. Libérée fin décembre dans l’attente d’un verdict après quatre mois et demi de détention provisoire, l’écrivain revient sur son arrestation et nous parle de la Turquie qu’elle a retrouvée à sa sortie de prison.