Aux Pays-Bas, l’opposant en chef au xénophobe Wilders est un écologiste

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À l'approche des législatives du 15 mars, où en est la gauche aux Pays-Bas, face à l’offensive Wilders ? Si les sociaux-démocrates traversent une crise profonde, la dynamique est du côté des écologistes, emmenés par le jeune Jesse Klaver. Quant à Sylvana Simons, une femme noire née au Surinam, elle incarne, elle aussi, le renouveau de la contestation.

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Amsterdam et La Haye, de notre envoyé spécial.-  À force de rester le nez collé sur le phénomène Wilders, on risque peut-être de passer à côté de l’essentiel : le grand chamboulement qui s’annonce, à gauche, lors des législatives du 15 mars aux Pays-Bas. « Une petite musique s’est installée pendant la campagne, selon laquelle il faut en finir avec le personnel politique en place », sourit la députée écologiste Linda Voortman. « Ces temps-ci, les outsiders ont un avantage sur les insiders. C’est le syndrome “Hamon plutôt que Hollande” », renchérit l’eurodéputé travailliste Paul Tang, dont le parti, le PvdA, est en chute libre dans les sondages.

Dans le rôle de l’outsider, Jesse Klaver est en train de s’imposer comme l’opposant numéro un au xénophobe Geert Wilders. À 30 ans, il est le chef de file de la Gauche verte (GroenLinks), alliée de EELV au Parlement européen. « Nous avons une chance unique de voir un parti de gauche remporter les élections et devenir le premier parti des Pays-Bas », a-t-il lancé jeudi soir aux 5 000 personnes venues l’écouter dans une salle de concert de la banlieue d’Amsterdam (voir la vidéo ci-dessous). À l’aise en rockstar d’un soir, il animait un « meet-up » (contraction de meeting et stand-up), durant lequel il a aussi répondu à des questions du public. Les sondages donnent les écologistes devant les socialistes d’Emile Roemer (gauche radicale), et plus loin encore devant les sociaux-démocrates de Lodewijk Asscher, le vice-premier ministre sortant.