A Bodrum, Turquie, une partie de la ville vit de la détresse des réfugiés

Par Alain Devalpo

Commerces, pensions, passeurs et trafics en tous genres : alors que le tourisme est en crise, l'argent extorqué aux réfugiés a fait surgir toute une économie parallèle, qui n'est pas seulement celle des mafias.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

Bodrum (Turquie), de notre envoyé spécial.- Yachts de rêve, hors-bord rutilants…, les euros flottent par millions dans la marina de Bodrum, cette station balnéaire qualifiée de Saint-Tropez turc. « Quand nos clients paient 3 000 euros pour une semaine de vacances, ce n’est pas pour voir des réfugiés syriens mendier en ville », bougonne le capitaine d’un voilier de luxe à la boutique d’accastillage. Ce n'est qu'une vision tronquée d'une réalité économique qui, dans l'ombre, fait aussi la fortune de la ville. Car, alors que le marasme frappe le tourisme en Turquie, les réfugiés syriens en transit vers les îles grecques représentent une véritable manne pour la cité balnéaire.