Génocide arménien, « le centenaire d'un négationnisme »

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Le pape a employé, pour la première fois ce dimanche 12 avril, le terme de génocide pour parler du massacre des Arméniens de 1915. La Turquie a aussitôt réagi, annonçant le rappel à Ankara de son ambassadeur au Vatican. Rencontre avec la sociologue turque Pinar Selek, auteur de Parce qu'ils sont arméniens. Elle y décrit comment le négationnisme a « construit la conscience et le regard non seulement des Turcs en général, mais aussi des contestataires et des Arméniens eux-mêmes ».

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C'était il y a dix-sept ans. Pinar Selek est arrêtée par la police d'Istanbul. Elle est torturée, puis incarcérée. Les autorités veulent lui arracher les noms des Kurdes avec qui elle a réalisé des entretiens dans le cadre d'un travail sociologique. Pinar ne livre rien et apprend, alors qu'elle est sous les verrous, son inculpation pour un attentat terroriste. Aujourd'hui, en 2015, après quatre procès et quatre acquittements, la sociologue n'est pas définitivement sortie d'affaire. Elle vit en France où elle bénéficie, depuis deux ans, du statut de réfugié politique.