USA: Le Congrès examine le compromis sur le financement du mur

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Donald Trump a laissé entendre mercredi qu'il pourrait signer le texte de compromis négocié par le Congrès pour éviter un nouveau "shutdown", tout en ne se disant pas satisfait des mesures qu'il prévoit pour la sécurité à la frontière avec le Mexique.
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WASHINGTON (Reuters) - Donald Trump a laissé entendre mercredi qu'il pourrait signer le texte de compromis négocié par le Congrès pour éviter un nouveau "shutdown", tout en ne se disant pas satisfait des mesures qu'il prévoit pour la sécurité à la frontière avec le Mexique.

Le président américain, que l'opinion publique tient pour responsable des cinq semaines de shutdown qui se sont achevées fin janvier, a déclaré qu'il ne souhaitait pas voir les administrations fédérales fermer à nouveau faute de financement pour le mur qu'il a promis de faire construire à la frontière.

Il n'a toutefois pas dit explicitement s'il était prêt à signer une loi de finances prévoyant d'affecter à la sécurité frontalière moins du quart des 5,7 milliards de dollars qu'il réclamait pour le mur.

"Je ne veux pas voir de shutdown. Un shutdown serait une chose terrible. Je crois qu'on a marqué un point pendant le précédent shutdown. Les gens ont réalisé à quel point la situation à la frontière est mauvaise, à quel point la frontière est dangereuse (...)", a-t-il déclaré à la presse.

Donald Trump a ajouté qu'il ne prendrait sa décision qu'une fois qu'il aura le texte de loi entre les mains. Le sénateur républicain Lindsey Graham, dont il est proche, a cependant indiqué que le président était "enclin à accepter le compromis et à aller de l'avant".

Lindsey Graham a ajouté que Donald Trump chercherait ensuite à trouver les fonds manquants pour financer la construction du mur, quitte à déclarer pour cela l'état d'urgence.

La Chambre des représentants à majorité démocrate et le Sénat à majorité républicaine ont jusqu'à vendredi soir pour approuver le texte de compromis, Donald Trump ayant accepté de suspendre le gel des crédits de fonctionnement d'environ un quart des services publics du pays jusqu'au 15 février.

Après plusieurs semaines de discussions, les négociateurs du Congrès ont annoncé lundi soir être parvenus à s'entendre sur un projet qui prévoit une enveloppe de 1,37 milliard de dollars, soit sensiblement le même montant que proposé dans un précédent accord refusé par Donald Trump en décembre.

VOTE JEUDI SOIR?

Ce budget devrait permettre de construire environ 90 km de barrières frontalières. Le projet de décembre prévoyait la construction d'environ 110 km.

Malgré ce recul, les républicains semblent pressés de tourner la page du shutdown. "Il est temps de finir le travail", a déclaré mercredi le chef de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell.

Le vote du projet de loi est cependant loin d'être acquis, notamment à la Chambre des représentants où il pourrait susciter l'opposition des élus les plus conservateurs comme les plus libéraux, pour des raisons diamétralement opposées.

Les démocrates souhaitent cependant soumettre le texte au vote jeudi soir, a déclaré le chef de la majorité démocrate à la Chambre, Steny Hoyer. S'il est adopté, il sera transmis au Sénat qui devra le valider à son tour avant vendredi soir.

Interrogée sur une éventuelle ratification du texte par Donald Trump, la porte-parole de la Maison blanche, Sarah Sanders, a déclaré à Fox News : "Il y a certaines choses positives dans cette proposition de loi, mais cela n'est certainement pas suffisant."

Si le texte ne devait pas être approuvé ou promulgué, Donald Trump pourrait alors recourir à l'état d'urgence, option qu'il évoque régulièrement pour tenir la promesse faite à sa base électorale lors de la campagne présidentielle de 2016.

Ce scénario n'est pas sans danger pour le président américain car il pourrait entraîner une guérilla juridique de la part des démocrates, avec des recours en justice de nature à suspendre le déroulement des travaux.

Cette option permettrait de court-circuiter le Congrès mais instaurerait un précédent dont les démocrates pourraient se targuer à leur tour, une fois revenus à la présidence.

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