Fukushima: la cuve d'un réacteur est percée

Par
Tepco, l'exploitant de la centrale détruite, vient de le reconnaître formellement: la cuve d'au moins un des six réacteurs de la centrale japonaise est percée et laisse échapper du combustible radioactif.
Cet article est en accès libre. Découvrez notre offre spéciale ! S'abonner

Deux mois après le début de l'accident de la centrale de Fukushima, au Japon, l'opérateur Tepco reconnaît enfin que la cuve d'au moins un des réacteurs est percée et laisse échapper du combustible radioactif fondu. L'installation comporte six réacteurs, et l'on savait déjà que les cœurs de trois d'entre eux avaient partiellement fondu. Mais l'exploitant n'avait pas clairement admis le scénario d'une rupture de cuve laissant s'échapper le combustible fondu. Lors d'une conférence de presse tenue le 12 mai, un dirigeant de Tepco, Junichi Matsumoto, a estimé que la cuve du réacteur n°1 devait avoir un trou de plusieurs centimètres de diamètre. Selon l'agence de presse japonaise Kyodo News, il serait même question de plusieurs trous, produits par le combustible accumulé au fond de la cuve du réacteur. Le Wall Street Journal indique que d'après les ingénieurs de Tepco, 90% du combustible qui forme le cœur du réacteur n°1 se trouve encore à l'intérieur de la cuve, ce qui revient à admettre que les 10% restants ont pu s'échapper par une ou plusieurs brèches.

En clair, les dégâts sont plus importants que Tepco ne l'a laissé entendre jusqu'ici et, d'ores et déjà, le gouvernement a demandé, jeudi, que des milliers de têtes de bétail se trouvant dans la zone d'exclusion des 20 kilomètres autour de la centrale nucléaire soient abattues.

Mais pourquoi cette réévaluation de la situation survient-elle seulement aujourd'hui ? Le 5 mai, des techniciens ont pu inspecter le réacteur. Ils ont réparé une jauge et ont pu alors déterminer que le niveau d'eau dans la cuve qui contient le cœur du réacteur avait baissé de près de 5 mètres en dessous du niveau de fonctionnement normal, de sorte que les assemblages de combustible sont complètement découverts. Cette découverte contredit les affirmations antérieures des responsables de Tepco, selon lesquelles les barres de combustible étaient restées immergées. En fait, il apparaît que le combustible a été dénoyé et Tepco estime que 55% du cœur du réacteur n°1 est détruit. Cette situation complique les opérations destinées à sécuriser le réacteur, qui ont principalement consisté, jusqu'ici, à injecter de l'eau pour refroidir les assemblages de combustible. Plus de 10 millions de litres d'eau ont été introduits dans le réacteur n°1. Cette eau fortement contaminée s'est échappée et continue de fuir à travers la cuve et l'enceinte du réacteur, par diverses fuites, et s'accumule dans le sous-sol du bâtiment du réacteur.

sur le site de Greenpeace sur le site de Greenpeace
Comment mettre fin à la contamination radioactive ? Le projet initial de Tepco était de remplir d'eau le réacteur afin de parvenir à un refroidissement stable. Mais ce plan supposait que la cuve soit étanche. En fait, il va falloir trouver un moyen d'isoler le réacteur, peut-être en l'entourant d'une paroi de béton. Mais en raison du niveau de radiations, une telle construction risque de prendre des mois, sinon des années. Et il n'est pas exclu que le problème se répète sur les réacteurs 2 et 3.

Prolongez la lecture de Mediapart Accès illimité au Journal contribution libre au Club Profitez de notre offre spéciale