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Mediapart jeu. 28 juil. 2016 28/7/2016 Dernière édition

Malaysia Airlines : l’hypothèse d'un détournement de l'avion

14 mars 2014 | Par La rédaction de Mediapart

Selon des sources malaisiennes citées par l'agence Reuters, l'avion de la compagnie Malaysia Airlines disparu avec 239 passagers aurait été détourné de sa route vers Pékin, en direction des îles Andaman, et aurait pu finir sa course dans l'océan Indien.

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Près d’une semaine après sa disparition, le Boeing 777 du vol Malaysia Airlines MH 370 demeure introuvable. Le scénario d’un détournement, qui avait été mis au second plan ces derniers jours, vient d’être relancé par des révélations de l’agence Reuters. Celle-ci cite trois sources « proches de l’enquête », dont un responsable de la police malaisienne, qui accréditent l’hypothèse selon laquelle un individu connaissant la navigation aérienne aurait volontairement détourné l’avion, et l’aurait conduit à des centaines de kilomètres de sa route initiale, de Kuala Lumpur à Pékin.

Les sources de Reuters s’appuient sur des données de radars militaires qui montreraient que l’avion a suivi un parcours utilisé par les vols commerciaux, mais dirigée vers le nord-ouest de la péninsule malaise, alors qu’il était censé faire route vers l’est, en direction de la Chine et de Pékin. Le parcours reconstitué passe par des points de cheminement connus, ce qui suggère qu’il ne s’agit pas d’un changement de route accidentel.

L’avion a décollé normalement de Kuala Lumpur samedi 8 mars à 0 h 41 (heure locale). Moins d’une heure après le décollage, les contrôleurs aériens ont annoncé qu’ils avaient perdu le contact avec l’avion, alors que ce dernier survolait comme prévu le golfe de Thaïlande en direction de la Chine. La dernière position confirmée du vol MH370 a été enregistrée à 1 h 21 ; le Boeing se trouvait alors à une altitude de 35 000 pieds (un peu plus de 10 000 mètres) et à environ 144 kilomètres de la côte est de Malaisie, se dirigeant vers le Viêtnam. À partir de cet instant, le transpondeur, dispositif qui permet aux radars d’identifier l’avion, a cessé de fonctionner pour une raison inconnue.

Les radars militaires ont ensuite repéré un avion qui, selon les sources de Reuters, pourrait être le Boeing d’Air Malaysia, mais il n’y a pas de certitude faute de signal du transpondeur. Le suivi des radars montre que l’avion, si c’était bien celui d’Air Malaysia, a tourné d’un coup pour se diriger vers un point au nord-est de l’Indonésie, correspondant à une route utilisée par les vols vers le Moyen-Orient. L’avion aurait ensuite volé vers le sud de l’île thaïlandaise de Phuket, et la dernière trace radar, enregistrée à 2 h 15, indiquerait la direction des îles Andaman. L’avion se trouvait alors à 320 kilomètres au nord-ouest de l’île de Penang, au large de la côte ouest de Malaisie. Cette position correspond à la limite de portée des radars militaires de Malaisie.

Que s’est-il passé ensuite ? Les données radar évoquées par Reuters montrent que l’avion s’est dirigé vers les îles Andaman, mais rien n’indique qu’il y soit parvenu et on ignore jusqu’où il a été. La Malaisie aurait demandé aux pays voisins (Thaïlande, Indonésie et Inde) de lui transmettre leurs données radar, mais on ignore ce qu’il est advenu de cette demande, dont les autorités indonésiennes et thaïlandaises disent n’avoir pas connaissance. La piste s’arrête donc là.

Les autorités de Malaisie n’ont pas confirmé non plus le scénario du détournement. Elles ont cependant annoncé que les recherches, menées jusqu’ici dans le golfe de Thaïlande (entre Malaisie et Vietnam), allaient se poursuivre sur une zone beaucoup plus étendue, dans l’océan Indien et le sud de la mer de Chine. Cela revient implicitement à admettre que l’avion a pu quitter sa route initiale et prendre une autre direction, que ce soit accidentel ou délibéré.

Les autorités malaisiennes pensent que des signaux de maintenance appelés « ACARS » ont été transmis de l’avion à des satellites pendant plusieurs heures après la perte de contact avec les contrôleurs aériens. Cela implique que le Boeing a continué à voler après être sorti des écrans des radars civils, ce qui lui aurait permis d’atteindre l’océan Indien. Il n’est même pas totalement impossible que l’avion se soit posé sur une île dans l’océan Indien, même si cela paraît peu plausible. En tout état de cause, si l’avion a fini sa course à des milliers de kilomètres de sa dernière position connue, la zone de recherche s’étend théoriquement de l’Inde à l’Australie ! À moins de découvrir de nouveaux indices, les enquêteurs ne sont pas près d’aboutir.