La Turquie espère trouver avec la Russie une solution pour Idlib

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Le ministre turc des Affaires étrangères a formulé l'espoir qu'Ankara et Moscou puissent trouver une solution négociée pour la province rebelle syrienne d'Idlib, que le gouvernement de Bachar al Assad entend reconquérir par la force.
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ANKARA (Reuters) - Le ministre turc des Affaires étrangères a formulé l'espoir qu'Ankara et Moscou puissent trouver une solution négociée pour la province rebelle syrienne d'Idlib, que le gouvernement de Bachar al Assad entend reconquérir par la force.

La province située dans le nord-ouest de la Syrie, le long de la frontière turque, est devenue l'ultime refuge pour quelque trois millions de civils et de rebelles chassés du reste du pays par la progression des forces gouvernementales, mais aussi pour des groupes djihadistes.

Elle a été la cible la semaine dernière de raids aériens et de tirs d'artillerie qui pourraient préfigurer une offensive militaire de grande ampleur de l'armée syrienne et de ses alliés, notamment la Russie.

La Turquie, qui soutient certains groupes rebelles et cherche à établir dans la région des zones "sûres" pour les Syriens réfugiés sur son territoire, tente d'éviter une telle offensive qui se traduirait par l'exode d'au moins plusieurs centaines de milliers de personnes supplémentaires.

Le chef de la diplomatie turque, Mevlüt Cavusoglu, a insisté mardi, avant un entretien avec son homologue russe Sergueï Lavrov, sur la nécessité d'établir une distinction entre "terroristes", rebelles et civils.

"Nous devons déterminer qui sont ces groupes terroristes et les éliminer", a-t-il dit. "Mais ce serait un massacre de bombarder Idlib, les civils, les hôpitaux, les écoles, juste parce qu'il y a des terroristes."

Mevlüt Cavusoglu a suggéré qu'Ankara et Moscou pourraient agir de concert pour venir à bout des groupes djihadistes, dont ceux de l'ancien Front al Nosra lié à Al Qaïda.

"Les habitants (d'Idlib) et les rebelles modérés sont menacés par ces terroristes donc nous devons lutter contre eux tous ensemble", a-t-il proposé.

Le conseiller de l'Onu pour les affaires humanitaires, Jan Egeland, a estimé lui aussi la semaine dernière que tout devait être fait pour éviter une bataille à Idlib.

Sergueï Lavrov, qui s'exprimait au côté de Mevlüt Cavusoglu, s'est lui étonné de ce qu'il a présenté comme une réticence des pays occidentaux à laisser les réfugiés syriens rentrer dans leur pays.

"Une grande partie de la Syrie a été libérée des terroristes. Il est temps de reconstruire les infrastructures, les besoins fondamentaux pour que les réfugiés en Turquie, au Liban, en Jordanie et en Europe puissent rentrer chez eux", a dit le ministre russe - laissant entendre que ces Syriens auraient uniquement fui des groupes comme l'Etat islamique (EI) et non le régime de Bachar al Assad.

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