Les séismes n’ont pas fini de bouleverser la société italienne

Par Mathilde Auvillain

Trois semaines après le séisme d’Amatrice, la classe politique italienne tente d’oublier les similarités et la malchance statistique d’un deuxième « terremoto » en seulement sept ans, après celui de L’Aquila. Matteo Renzi espère être plus habile et conscient de la situation que ne l’avait été Silvio Berlusconi.

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De notre envoyée spéciale à Amatrice, Accumoli, Arquata.- Quand en Italie, au cœur de la nuit, les palais romains se mettent à trembler, les lustres à se balancer, les volets à grincer, le sol à onduler, les alarmes à hululer, alors il ne reste que peu de place au doute : la terre tremble et les premières lueurs du jour vont révéler l’ampleur du désastre, quelque part dans le centre du pays. S’il est certes impossible de prévoir un tremblement de terre, la probabilité d’en vivre deux de suite en moins de dix ans semblait pourtant infime.

Entre le séisme de L’Aquila et celui d’Amatrice, qui ont fait tous deux 300 morts à seulement sept ans d’écart, certaines coïncidences sont troublantes. La secousse de magnitude 6.3 sur l’échelle de Richter du 6 avril 2009 a eu lieu à 3 h 32. Celle de magnitude 6 du 24 août 2016, à 3 h 36. L’image d’un cadran d’horloge accroché à un clocher délabré dont les aiguilles sont restées bloquées à l’heure du drame n’a pas échappé aux photographes. Ni à L’Aquila, ni à Amatrice. Le 24 août dernier, cette image similaire n’a fait qu’accentuer le sentiment de déjà vu, l’impression de déjà vécu.