Interpol est mis en cause pour être financé par l'industrie du tabac

Par Mathieu Martinière Et Robert Schmidt

Depuis un an, Interpol est en partie financé par le géant Philip Morris pour lutter contre la contrebande en Europe. Ce choix est d'autant plus contesté que, selon un rapport de police que Mediapart s'est procuré, l'industrie du tabac est toujours soupçonnée de nourrir les réseaux de trafic.

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Une organisation policière peut-elle recevoir de l'argent et collaborer avec des entreprises soupçonnées de jouer un rôle dans la contrebande de cigarettes ? En juin 2012, le réseau international de police Interpol a accepté un chèque de 15 millions d'euros sur trois ans de Philip Morris pour lutter contre le trafic de cigarettes. Un an plus tard, Interpol décidait d'utiliser Codentify, un système de marquage des cigarettes piloté par les Big Four du tabac (Philip Morris, British American Tobacco, Japan Tobacco et Imperial Tobacco). Avec Codentify, l'industrie du tabac veut contrôler elle-même la traçabilité de ses produits, du producteur à l'acheteur. Et elle bataille actuellement auprès de l'Union européenne et des États membres pour imposer son système.