Entre l’Arabie, le Liban et la France, l’empire Hariri est en pleine déconfiture

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L’intervention d’Emmanuel Macron a permis au premier ministre libanais de sortir du guêpier saoudien. Mais Saad Hariri refuse toujours de payer les arriérés de salaires des 56 000 employés, dont 240 Français, de son groupe de BTP en faillite : une ardoise de 600 millions de dollars. Le milliardaire soutenu par la France reste à la merci d’un gel de ses comptes.

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C’est la fin d’une boîte noire. Si l’on ignore encore dans quelles circonstances le premier ministre libanais Saad Hariri s’est retrouvé bloqué durant quinze jours à Riyad, début novembre, la question des comptes de son groupe avec la monarchie saoudienne est désormais sur la table. Et avec elle, de lourds secrets : partage des prébendes avec ses donneurs d’ordre, services aux princes et utilisation politique de sa trésorerie. Jusqu’en France, où l’enquête sur la vente des frégates militaires Sawari II au régime saoudien a confirmé le paiement par la banque du groupe Hariri, BankMed, d’une commission de 130 millions de dollars à l’intermédiaire Ziad Takieddine. Des faits datant de 1998 qui seront évoqués lors du procès en correctionnelle de l’affaire, dont la tenue a été confirmée cet été par la Cour de cassation.