La Nouvelle-Zélande veut durcir sa législation sur le port d'armes

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La Première ministre néo-zélandaise, Jacinda Ardern, a promis samedi que la Nouvelle-Zélande allait réformer sa législation sur le contrôle des armes à feu, au lendemain de l'attaque de deux mosquées de Christchurch qui a fait 49 morts.
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WELLINGTON (Reuters) - La Première ministre néo-zélandaise, Jacinda Ardern, a promis samedi que la Nouvelle-Zélande allait réformer sa législation sur le contrôle des armes à feu, au lendemain de l'attaque de deux mosquées de Christchurch qui a fait 49 morts.

L'auteur présumé des fusillades, qui a été arrêté et a comparu une première fois devant la justice samedi, disposait d'un port d'armes, a déclaré Jacinda Ardern. Cinq armes dont deux fusils semi-automatiques et deux fusils de chasse, ont été utilisées lors de l'attaque, a-t-elle précisé.

"Ce que je peux vous dire, c'est que notre législation sur les armes va changer", a-t-elle dit aux journalistes, ajoutant que les armes semi-automatiques pourraient être interdites.

De précédents gouvernements néo-zélandais ont déjà tenté de durcir la législation sur les armes à feu mais le lobby de la chasse s'y est opposé avec succès.

On estime à 1,5 million le nombre d'armes à feu en circulation en Nouvelle-Zélande, pays de 5 millions d'habitants, mais les incidents violents y sont très rares.

Selon la police néo-zélandaise, le taux d'homicides est tombé en 2017 à son plus bas niveau depuis quarante ans, avec 48 homicides.

L'auteur de la fusillade de vendredi, Brenton Harrison Tarrant, un ressortissant australien âgé de 28 ans nourri d'idéologie d'extrême droite, n'avait pas d'antécédents criminels. Il ne faisait pas non plus l'objet d'une surveillance particulière de la part des autorités néo-zélandaises ou australiennes.

Il vivait à Dunedin, sur l'île du Sud, et appartenait à un club de tir, le Bruce Rifle Club. Selon les médias locaux qui ont interrogé d'autres membres du club, Tarrant s'entraînait régulièrement à tirer avec un fusil AR-15, version semi-automatique du M16 américain.

En Nouvelle-Zélande, l'âge légal minimum pour posséder une arme à feu est fixé à 16 ans, à l'exception des armes semi-automatiques, pour lesquelles le plancher est relevé à 18 ans.

L'AR-15 a notamment été utilisé lors du massacre de Port Arthur en Australie, qui a fait 35 morts en 1996. Depuis, une stricte législation sur le contrôle des armes a été instaurée dans le pays et aucune tuerie de masse ne s'est reproduite.

En Nouvelle-Zélande, le contrôle des armes n'a plus été modifié depuis 1992. Contrairement à l'Australie, où les armes semi-automatiques sont interdites, le pays autorise la possession de ce type d'équipement à condition qu'il soit enregistré.

"Il n'y a aucune place dans le débat à venir pour le lobby radical pro-armes qui a déjà manifesté sa présence lors des précédentes tentatives visant à rendre le pays plus sûr", a déclaré le président de l'Association de la police néo-zélandaise Chris Cahill.

"Nous avons vu ce qui se passe aux Etats-Unis quand les extrémistes pro-armes sont impliqués: Rien. Ce n'est pas suffisant pour la Nouvelle-Zélande", a-t-il ajouté.

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