Mario Monti peut-il s'asseoir sur les parlements nationaux?

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Le président du Conseil italien s'est plaint, début août, du rôle joué par les parlements dans la crise de l'euro, accusés de ralentir les prises de décision. Au-delà de la provocation, Mario Monti met le doigt sur l'extrême lenteur du processus législatif de l'Union. Mais peut-on faire autrement ?

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Les creux de l'été n'ont pas apaisé Mario Monti. Dans un entretien à l'hebdo allemand Der Spiegel du 6 août, le président du Conseil italien s'en est pris au pouvoir, qu'il juge exagéré, des parlements nationaux dans la gestion de la crise de l'euro. « Si les gouvernements doivent se laisser complètement brider par les décisions de leurs parlements sans préserver leur marge de négociation, l'Europe risque davantage d'éclater que de renforcer son intégration », a assuré Monti (lire l'intégralité de l'entretien en anglais).

Dans la ligne de mire de l'Italien, qui n'en est plus à une polémique près : le Bundestag allemand, mais aussi le tribunal de Karlsruhe (la Cour constitutionnelle allemande), qui ont tous deux leur mot à dire sur chacune des décisions prises par Angela Merkel lors des Conseils européens à Bruxelles. La mise en marche du tant attendu Mécanisme européen de stabilité (MES), ce « FMI à l'européenne », censé venir en aide, à court terme, à l'Espagne ou l'Italie, est ainsi reportée depuis des semaines, dans l'attente de la décision des sages de Karlsruhe, le 12 septembre prochain. Ces derniers jugeront de sa conformité avec la Grundgesetz, la loi fondamentale du pays.

« Il serait bon que l'on revienne à un peu de calme dans le débat », a éludé le porte-parole du gouvernement allemand, Georg Streiter, en réaction à l'entretien. « Le contrôle parlementaire constitue une condition préalable à toute décision », a répondu, de son côté, le ministre allemand des affaires étrangères, Guido Westerwelle, qui milite par ailleurs pour l'organisation d'un référendum sur l'Europe, en Allemagne (contre l'avis de la chancelière).