La Russie et la Turquie, sœurs ennemies d’une Reconquista illusoire

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Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan, nationaux-populistes altérés d’âge d’or, prennent ostensiblement pied en Syrie et en Libye. Quelle place espèrent tenir ces héritiers autoproclamés de l’Empire tsariste et de l’Empire ottoman ?

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L’alliance de circonstance russo-turque en Syrie ne relève pas d’un tournant mais plutôt d’une anomalie de l’histoire, que favorisent la nullité de l’Amérique trumpienne et l’impuissance européenne – elle-même illustrée par l’insigne sortie de route diplomatique française. Voilà un chassé-croisé qui tient du chamboule-tout : d’une part, Paris oublie la relation privilégiée avec le Grand Turc en vigueur de François Ier à Charles de Gaulle (dont le dernier voyage officiel à l’étranger eut lieu à Ankara) ; d’autre part, Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan font fi de tout ce qui opposa jadis, divise aujourd’hui et dissociera demain leurs deux pays.