Le parlement grec accouche enfin d'une loi antiraciste

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Après plus d'un an de débats et grâce à une faible majorité dans des rangs clairsemés, la Vouli s'est dotée, le 9 septembre 2014, d'un arsenal juridique afin de lutter contre le crime raciste et le négationnisme. L'efficacité de ce nouveau texte reste encore à prouver.

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Avec 58 voix pour, 10 contre et 31 abstentions, le premier article de la nouvelle loi grecque « antiraciste » a été adopté mardi 9 septembre. Il ouvre la voie à un renforcement des sanctions pour les cas d'incitation à la haine ou la discrimination raciale. Le deuxième article, qui concerne la condamnation du déni d'un génocide, crime de guerre ou crime contre l'humanité, a été adopté avec seulement 54 voix (42 contre, 3 abstentions). Seul un tiers de l'assemblée était convoqué pour ce vote en fin de session estivale... Le choix de la date et la désertion significative des rangs de la Vouli pour ce vote pourtant crucial ne doivent rien au hasard : cela montre combien la classe politique grecque est gênée aux entournures par ce projet de loi qui a nécessité un an et demi de débats avant d'aboutir, alors que la Grèce est depuis longtemps pointée du doigt par les ONG et les institutions européennes pour l'impunité dont jouissent les responsables d'agressions racistes qui se sont multipliées dans le pays ces trois dernières années.