Manifestations: de la renaissance de la citoyenneté en Algérie

Par Nadia Leïla Aïssaoui

Étudiants, femmes, médecins, écolos, habitants de quartiers : la société civile est en pleine ébullition en Algérie. Pour la quatrième semaine consécutive, la mobilisation ne faiblit pas. « Nous sommes ceux et celles que nous attendions », semblent dire ces citoyens et citoyennes qui défilent pacifiquement dans les rues. Et s’auto-organisent en inventant de nouveaux modes d’échanges et de diffusion de leurs revendications.

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Si en Algérie les vendredis sont les jours de mobilisation les plus importants, à l’étranger, la diaspora prend le relais les dimanches pour signifier son engagement pour son pays d’origine. « Nous n’avons plus de slogans, dégagez ! », « Un problème d’audition ? », « Mais partez donc, ça fait quatre vendredis qu’on rate la sieste ! » : tels sont les slogans qui évoluent au fil des semaines et traduisent non sans humour l’humeur des manifestants. Certains poussent même la plaisanterie à vouloir la pérennisation du mouvement populaire, car enfin, en tant que citoyens et citoyennes, ils-elles prennent part à une activité festive et rassembleuse, alors que les vendredis sont connus pour être des journées mortes dans le pays. Et si cette réappropriation de l’espace public signait les premiers pas d’un engagement citoyen sans précédent ?