Elections britanniques: les Verts creusent leur sillon anti-austérité

Le parti vert britannique, qui revendique plus de 55 000 adhérents, espère confirmer, lors des élections législatives du 7 mai, son succès surprise des européennes en 2014. Austérité, services publics, immigration, jeunes : sur tous ces thèmes, il veut faire le plein chez les électeurs de gauche déçus par les positions trop centristes du Labour d'Ed Miliband.

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Le chiffre pourrait faire des jaloux de l'autre côté de la Manche : le parti vert britannique revendique plus de 55 000 adhérents. Il talonne même les Grünen allemands, pour prétendre au titre de plus grande formation écolo d'Europe (un peu plus de 60 000 pour les Allemands, contre 10 000 adhérents environ à Europe Écologie). C'est un indice parmi d'autres de la bonne santé du green party, qui espère bien confirmer, lors des élections générales du 7 mai en Grande-Bretagne, le score réalisé aux européennes de mai 2014. La formation, emmenée par Natalie Bennett pour l'Angleterre et le pays de Galles, avait alors décroché trois postes d'eurodéputés (7,8 % des voix), s'emparant de la quatrième place devant les « Lib-Dems » de Nick Clegg.
« Les principaux partis politiques en Grande-Bretagne se ressemblent de plus en plus. Les électeurs qui réclament un discours fort sur les questions sociales, ont de plus en plus de mal à soutenir le parti travailliste aujourd'hui. Un vide politique est en train de se créer. Nous y répondons », estime Jean Lambert, une eurodéputée londonienne jointe par Mediapart. Aux dernières élections générales, en 2010, le parti avait rassemblé moins de 1 % des voix. Les sondages, encore très volatils à l'approche du scrutin du 7 mai, les créditent désormais de 5 à 7 %.
Dans son « manifeste pour le bien commun » présenté le 14 avril, le parti défend la fin de l'austérité, la reconstruction de services publics ou encore le CV anonyme pour lutter contre les discriminations. Les Verts assument un discours ouvert aux migrants qui tranche avec celui des grands partis (y compris le Labour), refusent le projet d'accord commercial avec les États-Unis (TTIP) et plaident, comme les conservateurs, pour la tenue d'un référendum sur l'Europe (dans le cadre duquel ils voteraient, eux, pour le maintien dans l'UE).
Le document fourmille de promesses de nouvelles dépenses – hausse de dix livres par heure du salaire minimum d'ici 2020, suppression de certains frais de scolarité, renationalisation du réseau ferré, avec une baisse de 10 % des tarifs des billets de train, de nouvelles prestations pour les familles, etc. –, ce qui fait parfois dire aux adversaires des Verts que leur programme ressemble à celui des socialistes du début des années 1980. Sur le papier, tout cela serait financé par un paquet de nouvelles taxes : un prélèvement sur les richesses de 2 % pour les 1 % plus riches, une taxe sur les transactions financières ou encore un durcissement de la fiscalité pour les entreprises.
« Le Royaume-Uni traverse une période de transition, vers un système de multipartisme, avec des électeurs encore très flottants, et certains, parmi les plus jeunes, ne veulent plus forcément soutenir les partis établis », explique Patrick Diamond, du think tank Policy Network. Ce désenchantement à l'égard des partis traditionnels profite aussi, dans des registres très différents, au UKIP de Nigel Farage, ou aux nationalistes écossais du SNP (ces derniers étant eux aussi critiques des politiques d'austérité en place).

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